Episode 07

Episode 07

12 weeks romance

EPISODE 01 OFFERT

EPISODE 02

EPISODE 03

Episode 04

EPISODE 05

EPISODE 06

Episode 07

EPISODE 08

Episode 09

EPISODE 10

EPISODE 11

EPISODE 12

Episode 13

EPISODE 14

EPISODE 15

EPISODE 16

Après 45 minutes à arpenter de long en large la FACTORY 12, Amber Jaden s’arrête devant une grande double-porte.
– Et maintenant, nous allons découvrir le centre nerveux de la FACTORY 12… Je pense que vous n’avez jamais rien vu de tel !
Elle ne croit pas si bien dire. Depuis le début de la visite de la FACTORY 12, je n’en crois pas mes yeux… L’ancienne usine de biscuits a été rénovée de fond en comble en une sorte de centre d’entraînement high-tech. Tout ce que l’on peut imaginer avoir besoin pour se préparer pour l’émission est là : une salle de musculation, trois salles de danse, deux salles de chant, une salle de musique, un studio d’enregistrement musical, un mini-théâtre avec une scène, un grand gymnase agrémenté de trampolines, tapis, trapèzes et autres cordes en tous genres pour les acrobates… Il y a même un jacuzzi, un sauna et une salle de massage pour la récupération. Tout un espace est également dédié aux costumes et les stylistes sont à disposition pour préparer nos tenues pour l’émission. On trouve également des salles de réunion, des salles d’études car nous sommes pour la plupart encore scolarisés et bien sûr, le restaurant, ouvert 24 heures sur 24. Et pour répondre à tous nos besoins, une équipe de concierges est à notre disposition à l’accueil. Je me demande donc bien ce qui se trouve de plus derrière la double-porte.
– Voilà le Quartier Général ! annonce triomphalement Amber Jaden alors que les portes s’ouvrent sur une grande et belle salle à l’ambiance chaleureuse.
La décoration est dans les tons gris avec quelques pointes de rose et de bleu, mais de manière plus mesurée que dans les autres salles de la FACTORY 12. Une belle cheminée trône au milieu de la salle circulaire, tout autour sont disposées des tables basses, des canapés moelleux remplis de coussins, des tables hautes avec des tabourets, des hamacs, une balancelle, des étagères pleines de livres, des bouquets de fleurs… et un majestueux piano à queue. Une énorme baie vitrée arrondie offre une vue imprenable sur l’East River, c’est beau à en couper le souffle.
Amber Jaden attire notre attention sur le mur opposé à la baie. Des horloges sont accrochées, mais je ne parviens pas à voir ce qu’elles représentent. Je m’approche un peu et comprends qu‘il y a 21 horloges et que chaque horloge représente un concurrent ou une équipe. La mienne affiche mon visage souriant et le chiffre 3 avec un petit drapeau français. D’ailleurs, elle est à l’heure française. En voyant mon image sur ce mur au milieu de tous les autres, je réalise que je participe vraiment à cette émission. C’est un peu vertigineux…
– C’est ici que vous vous retrouverez pour les activités de groupe. C’est aussi ici que vous répondrez aux interviews entre les émissions, précise Amber Jaden en pointant un endroit de la pièce où se trouve une caméra sur pied. Ce foyer est réservé aux concurrent, les membres du staff sont priés de rester à l’extérieur ou de se faire discrets.
– Eh bien voilà, je sais où je vais me réfugier quand tu me saoules trop, je dis à voix basse à Phil qui lève les sourcils vers le haut en guise de réponse.
– Oui, mais tu ne pourras pas m’échapper, à moi, souffle une petite voix dans mon dos
Je me retourne pour tomber nez à nez avec le visage rayonnant de Ruby que je n’avais pas entendu approcher. Nous étions restées à distance, chacune avec notre manager pendant la visite sans avoir réussi à se retrouver. Je lui fais un grand sourire puis me retourne pour écouter la suite.
– Voilà maintenant le moment que vous attendez avec impatience… L’annonce de votre mission pour l’émission numéro 2 qui se déroulera samedi prochain.
L’assemblée frémit… On peut dire qu’Amber Jaden sait tenir son audience en haleine et on voit qu’elle aime ça.
– Votre mission numéro 2 est de proposer un numéro qui présente et met en valeur votre pays. Montrez-nous ce qui fait la particularité de votre nation et ce dont vous êtes particulièrement fiers. Bref, faites briller votre pays et hissez haut ses couleurs.
Tout le monde applaudit, certaine échangent déjà des idées avec animation.
– Merci à tous et surtout, bonne création à vous ! conclut Amber Jaden. Les managers, n’oubliez pas la réunion à 15h pour qu’on se mette au point sur les détails et le planning de cette semaine.
– Alors Lyra, tu as des idées ? me demande Ruby.
– Pas encore, mais je trouve super cette idée de représenter son pays, c’est motivant. Et toi ?
– Moi, je sens que je vais devoir lutter avec la production pour ne pas être déguisée en leprechaun…
– Tu veux dire qu’on ne va pas avoir carte blanche ? je demande naïvement.
– Malheureusement, non. J’ai déjà pris part à des émissions de télé et les producteurs ont des idées un peu étriquées en ce qui concerne ce qui plait ou non au public. Et apparemment, le public adore les clichés !
– Merci du tuyau, au moins, je sais un peu vers quoi m’orienter maintenant. À plus tard, Ruby !
– Bye, Lyra ! On se retrouve au foyer pendant la réunion des managers ?
– Sans faute.
Je retrouve Phil qui s’était un peu éloigner pour me laisser discuter avec ma nouvelle amie. Parfois, il est lourd et d’autres, il m’épate par sa finesse.
– Allez, viens, on y va, me dit-il.
– Où ça ? je demande.
– C’est une surprise !

Je ne sais toujours pas où nous allons, mais Phil n’aurait pu me faire de meilleure surprise ! Nous sommes allés récupérer deux petites planches dans le gymnase où sont stockées mes affaires de skate et nous nous sommes évadés de la FACTORY 12. Oui, j’utilise bien le verbe « évader » car la sécurité nous a dit que je n’étais pas supposée sortir sans autorisation. Phil leur a rétorqué qu’il était mon manager et que c’était lui qui avait le droit de dire ce que j’avais le droit de faire ou non. J’ai raclé bruyamment ma gorge pour montrer ma désapprobation, genre : « Je suis mineure, mais je décide de ma vie », ce qui m’a valu un regard noir de Phil qui essayait de nous faire sortir. La sécurité a fini par appeler la prod qui a donné le feu vert. Autant dire que sans Phil, je ne vais pas pouvoir aller et venir comme je veux, mais nous verrons ça plus tard. Tout ce qui compte, c’est le bonheur du moment que je suis en train de vivre : je skate à New-York… Je n’aurais jamais pu imaginer cela. Les bords de l’East River sont parfaitement aménagés pour rouler et malgré le grand nombre de coureurs qui s’entraînent en ce dimanche matin, c’est un régal de rouler sous le doux soleil d’automne. C’est l’un des trucs que j’aime particulièrement avec le skate, c’est cette possibilité qu’il me donne de pouvoir me déplacer rapidement avec fluidité. C’est comme si cela m’offrait plus de liberté.
Nous avançons longtemps, juste pour le plaisir de rouler sans contrainte. Nous croisons des skateurs qui s’essayent à grinder une rampe d’escalier alors nous nous arrêtons pour les admirer et nous nous joignons à eux. Puis nous faisons demi-tour et, alors que nous nous rapprochons du Brooklyn Bridge Park où se trouve la FACTORY 12, Phil sort son smartphone pour se diriger. Il se faufile dans des petites allées entre les vieux bâtiments rénovés et nous arrivons sur une petite place ensoleillée où se dressent une poignée de restaurants. Phil s’arrête devant la devanture bleu pâle d’un petit café au nom bien français : « Le Petit Encas ».
– Voilà la surprise ! Après ta déception au petit déj, ça devrait te plaire. Il paraît qu’on y sert les meilleurs croissants de New-York !
– Pour le petit déj, c’est un peu tard, je réponds en regardant ma montre qui indique qu’il est plus de midi. Mais je ne suis pas contre un croque végé et même un repas complet !
– Je te reconnais bien là mon petit estomac sur pattes ! Allez, viens je vais te nourrir !

À peine je pousse la porte du Petit Encas qu’une délicieuse odeur de pâte à crêpe me chatouille les narines. C’est amusant car la déco ressemble un peu à l’ancienne cabane sur pilotis des sauveteurs de Grande-Île. Elle n’est plus en fonction depuis des années, alors chaque génération d’ado la squatte. On dirait un peu une maison de plage avec des meubles et des tapis de récup, des bouteilles remplies de coquillages disposées ici et là, des mobiles en bois flottés accrochés aux vieilles poutres… L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être à la maison. Nous trouvons une petite place près d’une fenêtre où je peux observer les passants qui affluent sur la place à l’heure du déjeuner. Pendant que Phil passe commande au comptoir, je sors de ma besace le carnet dans lequel je consigne toute ce qui concerne le skate et le longboard dancing. Je note mes impressions après chaque entraînement, mes idées de nouvelles figures, mes envies, mes objectifs… J’y colle aussi des photos, des stickers, parfois je dessine les lieux où je skate… Bref, c’est l’un de mes nombreux et précieux carnets ! Je feuillette les pages pour retrouver la description des lines que j’ai effectuées lors des fêtes de Grande-île et je les note dans l’ordre qui me paraît le plus cohérent. Je dessine la scène de 12 WEEKS vue de haut et j’essaie de trouver un parcours pour l’exploiter au mieux sans me contenter d’un simple aller-retour.
– Je pensais que le personnel était français, mais les serveurs sont américains, me dit Phil, déçu.
– La France te manque déjà ?
– Non, mais les personnes qui m’ont recommandé ce café m’ont dit que la patronne était française…
– Qui te l’a recommandé ?
– Des gens que tu ne connais pas… J’ai pris un supplément frites, on partagera, enchaine-t-il, comme pour changer de sujet.
Parfois, mon cher oncle-manager a beaucoup de choses en tête et je n’en comprends pas la moitié, je décide donc de laisser tomber. À la place, je lui montre mon enchaînement sur le papier, utilisant ma gomme en guise de skate.
– Pas mal, ça devrait bien marcher. Il va surtout falloir qu’on bosse le rythme et la finition des tricks. Tu as une idée d’une musique et d’une tenue qui pourraient représenter notre pays ?
– Han, non, aucune idée… À l’international, c’est toujours de l’accordéon et un béret-baguette qui symbolisent la France, je dis sans conviction.
– Bon, je cherche la musique pendant que tu t’occupes de réfléchir aux vêtements et à la scénographie.

Nos repas arrivent et pendant un long moment, nous restons côte à côte, chacun dans notre bulle. Phil écoute des musiques dans son casque pendant que je gribouille en grignotant des frites croustillantes à souhait. J’aime bien pouvoir partager l’espace avec lui sans que l’on se sente obligés de parler. Nous avons toujours été proches tous les deux. Quand mes parents ont disparu, j’avais 7 ans. Je suis allée vivre à Grande-île, dans la maison de mes grands-parents paternels où il habitait encore. Phil, c’était le petit frère de mon père, il avait 17 ans quand le drame s’est produit. Alors même si c’est mon oncle par le sang, c’est avant tout une sorte de grand frère. Il me trimballait partout, il acceptait que je vienne avec lui quand il skatait avec ses potes, c’est comme ça que j’ai commencé à rider. Ça faisait marrer ses copains, j’étais la mascotte du groupe. Les gars me donnaient des conseils pour progresser et me surveillaient tous comme si j’étais leur petite sœur. Certains avaient bien connu mes parents et en quelque sorte, j’ai l’impression qu’ils voulaient compenser leur manque en m’accordant leur attention. Quand j’ai voulu faire des compétitions de longboard-dancing, Phil est tout naturellement devenu mon coach. Il s’est occupé de m’inscrire, il m’a accompagnée en déplacement… Il a fait ce que mes parents auraient peut-être fait et que mes grands-parents étaient trop âgés pour faire. D’ailleurs, je n’aurais jamais pu venir à New-York s’il n’avait pas été là.

– Lyra, j’ai trouvé ! s’écrie soudainement Phil.

Il me colle son casque sur les oreilles et je reconnais la mélodie de « L’air de rien », un tube français des années 60 repris partout dans le monde, remixé par Croyance, l’un des plus grands groupes de la French Touch. Je visualise déjà mes lines, ça va être géant !

– Tu es un génie Phil ! C’est parfait !
– Tu vas nous faire des merveilles là-dessus, j’en suis certain ! Allez, on file, j’ai réunion à 15h !

Alors que nous sortons du Petit Encas nos skates à la main, je suis bousculée par un poids soudain au niveau de mes cuisses ! C’est un chien ! Un bon gros beagle tout mignon qui me fait la fête !

– Pain de mie, ça suffit ! Pardonnez-moi, il n’est pas très obéissant ! s’excuse la jeune femme qui le tient en laisse.
– Il s’appelle Pain de mie ? je lui demande en français car son accent ne laisse aucun doute sur son origine.
– Oui ! Vous êtes français tous les deux ? Vous avez mangé ici ? interroge-t-elle en souriant.
Phil semble figé derrière moi alors je continue la conversation pendant que Pain de mie me lèche la main consciencieusement.
– Oui, nous sommes français et nous nous sommes régalés ! je réponds.
– Ah super, je suis la gérante et boulangère du café, contente que ça vous ai plu. Vous êtes là pour longtemps ?
– On ne sait pas encore, mais on est logé pas loin, on reviendra, c’est certain ! Je suis Lyra et c’est mon oncle, Phil, dis-je en le pointant du doigt.
– Formidable, je m’appelle Lucile. La prochaine fois, je vous offre un croissant pour excusez le comportement de Pain de mie !
– Avec plaisir !
Lucile rentre dans le café, traînent littéralement derrière elle le gros beagle qui aurait bien continué à me faire la fête. Mon oncle semble sous le choc, je ne l’ai jamais vu comme ça auparavant.
– Phil, ça va ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– Oh rien, je suis inquiet parce que je vais arriver en retard au meeting des managers, vite, on y va !

Inquiet ? Ça serait bien la première fois de ma vie que je vois mon oncle s’inquiéter d’être en retard… Je ne sais pas ce qu’il me cache, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a cachalot sous gravillon, comme dit Papy.

Cette semaine, on vous propose un jeu des 7 erreurs sur le portrait de Phil, à vous de jouer !
Vous pouvez chercher les erreurs en ligne ou télécharger le jeu en PDF juste ici.

Précédente Suivante

Rendez-vous la semaine prochaine

Une romance addictive à suivre semaine après semaine. Achetez l’accès une fois et découvrez de nouveaux chapitres et goodies pendant 1 an !